L'aile rigide du F50
26/09/2026 · 5 min · Cette émission est écrite et lue par des intelligences artificielles.
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LoïcBonjour à tous. Aujourd'hui, une question toute simple. Pourquoi les catamarans de SailGP naviguent-ils avec ce qui ressemble à une aile d'avion plantée à la verticale, plutôt qu'avec une voile en tissu ?
LoïcCommençons par le bateau. Le F50 est un catamaran monotype à foils, c'est-à-dire identique pour toutes les équipes, utilisé dans le circuit SailGP. Son nom vient de deux choses : le vol sur foils, et une longueur de coque de cinquante pieds.
LoïcCes bateaux ont une origine directe. Trois AC50 de la Coupe de l'America 2017, les catamarans de l'époque, ont été convertis en F50 pour former la flotte de départ. Trois autres ont ensuite été construits par le chantier Core Builders Composites.
LoïcEt au-dessus de ces coques, il n'y a pas une grand-voile. Il y a une aile rigide à deux éléments, accompagnée d'un foc, la voile d'avant.
LoïcAlors, qu'est-ce qu'une aile rigide exactement ? C'est une structure aérodynamique à deux peaux, montée sur un mât sans haubans, généralement en fibre de carbone. On parle aussi de voile double-peau.
LoïcL'image est celle d'une aile d'avion mise debout. Un avion se soulève grâce à la dépression créée sur le dessus de son aile. Ici, la même force est dirigée sur le côté, et elle pousse le bateau vers l'avant.
LoïcUne voile en tissu fait exactement la même chose, mais moins proprement. Elle se creuse sous la pression du vent, elle vibre, elle se déforme. L'aile rigide, elle, garde sa forme. Résultat, elle offre une meilleure portance et un meilleur rapport entre portance et traînée.
LoïcLe terme technique du jour, c'est la cambrure. La cambrure, c'est le creux de l'aile, sa courbure d'un bord à l'autre. Plus elle est creuse, plus elle tire fort, mais plus elle freine.
LoïcToute la différence est là. Une voile classique s'adapte passivement : c'est le vent qui lui donne sa forme. Une aile rigide, elle, se règle activement. L'équipage choisit sa cambrure selon l'allure et selon la force du vent.
LoïcConcrètement, l'aile reste efficace sur une plage plus large. Les références techniques parlent d'une dizaine de degrés d'angle d'attaque gagnés par rapport à un gréement classique avec grand-voile et foc.
LoïcL'angle d'attaque, c'est l'angle entre l'aile et le vent qui arrive dessus. Avoir dix degrés de marge en plus, cela veut dire une aile qui continue de porter là où une voile en tissu décroche.
LoïcCette idée n'est pas nouvelle. C'est un navigateur britannique, John Walker, qui a développé la première application pratique de l'aile rigide sur des yachts de course, dans les années 1990.
LoïcMais cet avantage a un prix, et il est double. Une aile rigide est plus complexe et plus coûteuse qu'une voile classique. Et surtout, sa surface est fixe.
LoïcC'est le point clé pour comprendre la course. Sur un voilier classique, quand le vent forte, on prend un ris : on réduit la surface de la voile en la repliant partiellement. Sur une aile rigide, c'est impossible.
LoïcAlors SailGP a choisi une autre solution : changer carrément la taille de l'aile. Le F50 dispose de trois hauteurs de mât possibles. Dix-huit mètres, vingt-quatre mètres, et vingt-neuf mètres, cette dernière introduite en saison deux.
LoïcLa logique est simple. Petit vent, grande aile pour capter le peu d'énergie disponible. Vent fort, petite aile pour ne pas faire chavirer le bateau. Ce choix se fait à terre, avant la journée de course.
LoïcUne précision sur la famille des ailes rigides. Il en existe deux grands types de construction. Les versions vraiment rigides, qu'il faut démonter après navigation, et des versions souples qu'on peut enrouler à bord.
LoïcVenons-en maintenant à l'équipage. Ils sont six à bord. Un barreur, un trimeur d'aile, un contrôleur de vol, deux broyeurs et un stratège.
LoïcLe trimeur d'aile est celui qui règle la cambrure et l'angle de l'aile. Les deux broyeurs produisent l'énergie hydraulique en tournant des poignées. Sans eux, plus rien ne bouge.
LoïcEt il faut bien voir que l'aile ne travaille jamais seule. Depuis le début de l'année 2025, les F50 utilisent des foils en forme de T, à la place des foils en L d'origine. L'aile fournit la puissance, les foils la transforment en vol.
LoïcLes vitesses qui en découlent sont considérables. Le record de vitesse du F50 est détenu par l'équipe DS Automobiles France, lors du Grand Prix de voile en Allemagne, à Sassnitz, en 2026. Cinquante-huit virgule onze nœuds.
LoïcDernier point, et c'est un choix que je trouve intéressant. Les F50 évoluent en permanence, mais les modifications sont appliquées en même temps à tous les bateaux. Cela permet de progresser sans déclencher une course à l'armement technologique entre équipes.
LoïcUne anecdote pour finir. Des F50 des équipes du Japon et des États-Unis ont servi au tournage d'une scène du film Tenet, de Christopher Nolan, en août 2019.
LoïcRetenez l'essentiel. L'aile rigide, c'est une aile d'avion à la verticale, dont on choisit la forme au lieu de la subir. Plus efficace, plus exigeante, et impossible à réduire en mer.
Sources
Chaque numéro renvoie au fait, reformulé en français, et à l'article ou à la vidéo d'où il vient.
- [432] Le F50 est un catamaran monodesign à foils utilisé dans la série de courses SailGP, dont le nom signifie « Foiling » et « une longueur de coque de 50 pieds ». — Références (stock)
- [433] Le record de vitesse du F50, établi par DS Automobiles France lors du Grand Prix de voile en Allemagne à Sassnitz en 2026, est de 58,11 nœuds. — Références (stock)
- [434] Trois AC50 de la Coupe de l'America 2017 ont été convertis en F50 pour créer la flotte initiale de SailGP, complétée par trois bateaux supplémentaires construits par Core Builders Composites. — Références (stock)
- [435] Le F50 est équipé d'une aile rigide à deux éléments et d'un foc, avec trois hauteurs de mât possibles : 18 m, 24 m ou 29 m, cette dernière introduite en saison 2. — Références (stock)
- [436] Depuis le début de 2025, les F50 utilisent des foils de type « T » en lieu et place des foils « L » d'origine. — Références (stock)
- [437] L'équipage du F50 est composé de six marins : barreur, trimeur d'aile, contrôleur de vol, deux broyeurs et un stratège. — Références (stock)
- [438] Les F50 sont constamment développés avec des changements appliqués simultanément à tous les bateaux, évitant une course technologique tout en permettant les améliorations de performance. — Références (stock)
- [439] Des F50 appartenant aux équipes de voile SailGP du Japon et des États-Unis ont été utilisés lors du tournage d'une scène du film Tenet de Christopher Nolan en août 2019. — Références (stock)
- [440] L'aile rigide, ou voile double-peau, est une structure aérodynamique à cambrure variable montée sur un mât non haubané, généralement en fibre de carbone. — Références (stock)
- [441] Les ailes rigides offrent une meilleure portance et un meilleur rapport portance-traînée que les voiles traditionnelles. — Références (stock)
- [442] Il existe deux types de construction d'ailes rigides : les versions rigides qui doivent être démontées, et les versions souples qui peuvent être enroulées à bord. — Références (stock)
- [443] John Walker, navigateur britannique, a développé la première application pratique d'ailes rigides pour yachts de course dans les années 1990. — Références (stock)
- [444] Les ailes rigides s'ajustent en changeant leur cambrure selon l'allure et la force du vent, contrairement aux voiles conventionnelles qui s'adaptent passivement. — Références (stock)
- [445] À l'allure près, l'aile rigide offre une portance supérieure d'environ 10 degrés d'angle d'attaque comparée aux jib et grand-voile traditionnels. — Références (stock)
- [446] Les ailes rigides sont plus complexes et coûteuses que les voiles conventionnelles, et leur surface est généralement fixe contrairement aux voiles qu'on peut réduire par ris. — Références (stock)