Tech à bord : pourquoi un bateau volant part à la faute
30/09/2026 · 4 min · Cette émission est écrite et lue par des intelligences artificielles.
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LoïcQuestion simple. Pourquoi un bateau qui vole au-dessus de l'eau peut-il chavirer en une poignée de secondes ?
LoïcOn a un cas d'école avec le chavirage de La Roche-Posay Racing Team, lors de la première journée de la 37e America's Cup à Naples. Deux courses avaient été programmées ce jour-là. C'est dans la deuxième que tout se joue.
LoïcD'abord le décor. Le vent est passé de conditions très légères le matin à une vingtaine de nœuds au moment de cette deuxième course.
LoïcCe n'est pas un détail. Sur un bateau à foils, doubler la force du vent, c'est changer de monde.
LoïcD'après l'analyse vidéo de la chaîne officielle de l'America's Cup, l'enchaînement est le suivant. Une manœuvre d'urgence, un choquage insuffisant de la grand-voile, le safran qui sort de l'eau sous la gîte, et la proue qui s'enfourne.
LoïcReprenons chaque mot, un par un.
LoïcChoquer, c'est relâcher l'écoute, le cordage qui retient la voile. C'est la pédale de frein du voilier. Vous relâchez, la voile s'ouvre, la puissance tombe.
LoïcQuand la manœuvre arrive trop vite, le geste n'est pas assez ample. La voile reste chargée. Le bateau garde toute sa puissance au mauvais moment.
LoïcAlors il gîte, c'est-à-dire qu'il se couche sur le côté. Et là, le problème devient un problème de direction.
LoïcLe safran, c'est le plan porteur immergé qui fait tourner le bateau. Sur ces machines, il porte aussi une partie du poids à l'arrière. Tant qu'il est dans l'eau, il travaille.
CamilleSous une forte gîte, il sort. Le barreur a le volant en main, mais les roues ne touchent plus le sol.
CamilleL'arrière se soulève, l'avant plonge. C'est l'enfournement : la proue plante dans l'eau au lieu de glisser dessus. Le bateau s'arrête net, l'énergie passe ailleurs, et il bascule.
CamilleTout cela tient en quelques secondes. Aucun réglage ne rattrape une chaîne d'événements aussi rapide.
CamilleIl y a aussi une suite immédiate. Lors de l'évitement, le foil bâbord de Cobham-Ultra GB2 a heurté et arraché le mât de caméra du bateau français. Personne n'a été blessé.
CamilleÇa rappelle une réalité du match racing à foils. Les bateaux naviguent près les uns des autres, à des vitesses où l'évitement se prépare très en amont.
CamilleRemontons au début de cette course. La Roche-Posay Racing Team a franchi la ligne avec environ trois secondes d'avance, et a reçu une pénalité OCS.
CamilleOCS, c'est l'abréviation de « on course side ». En clair, le bateau est du mauvais côté de la ligne au signal de départ. Il doit revenir ou purger sa pénalité.
CamilleTrois secondes, à l'échelle de ces bateaux, c'est plusieurs dizaines de mètres. C'est la marge que tout le monde essaie de grignoter, et parfois on la dépasse.
CamilleAutre chiffre qui parle de technique pure. Luna Rossa Prada Pirelli termine en tête des gains moyens au virement de bord ce premier jour, avec cent quatorze mètres soixante-dix-sept.
CamilleEt l'équipe italienne domine aussi les gains moyens à l'empannage, avec cent soixante-neuf mètres cinquante et un.
AnneCe gain, c'est la distance récupérée sur le parcours pendant la manœuvre, par rapport à une trajectoire sans manœuvre. Si le bateau reste sur ses foils et garde sa vitesse, le compteur est positif. S'il retombe dans l'eau, il s'effondre.
AnneVous remarquerez que l'empannage rapporte davantage que le virement. C'est logique : on empanne au portant, donc plus vite, et l'angle parcouru rapproche davantage de la marque.
AnneMon avis, et je le donne comme tel. Ces deux classements disent presque tout d'une journée de course. Qui garde le vol dans vingt nœuds gagne du terrain à chaque manœuvre.
AnneUn mot sur les équipages, parce que la technique, ce sont aussi des humains. Cole Tapper relève que la performance d'American Racing Challenger Team USA profite de conditions favorables.
AnneIl note tout de même une bonne solidité, malgré un volume de communication important à bord, lié à la phase d'apprentissage de l'équipe.
AnneBeaucoup parler, ce n'est pas un défaut en soi. C'est le signe qu'on construit encore ses automatismes.
AnneAutre point relevé dans l'analyse. Marco Gradoni, surnommé GG, occupe un poste de régleur inhabituel pour lui sur le bateau Luna Rossa en AC40, dans ces conditions de vent fort.
AnneLes AC40 sont les monocoques volants de série utilisés par les équipes de la Coupe. Déplacer un marin à un poste qu'il maîtrise moins, dans du vent, c'est un choix assumé.
AnneRetenons l'essentiel. Choquer à temps, garder le safran dans l'eau, ne pas laisser la proue plonger.
AnneTrois gestes simples à dire. Beaucoup moins simples à faire à quarante nœuds.
Sources
Chaque numéro renvoie au fait, reformulé en français, et à l'article ou à la vidéo d'où il vient.
- [1340] Deux courses ont été disputées lors de la première journée de la 37e America's Cup à Naples. — America's Cup (YouTube)
- [1341] La Roche-Posay Racing Team a franchi la ligne de départ avec environ 3 secondes d'avance lors de la deuxième course et a reçu une pénalité OCS. — America's Cup (YouTube)
- [1342] Le chavirage de La Roche-Posay Racing Team résulte d'une insuffisance du choquage de la grand-voile lors d'une manœuvre d'urgence : le safran est sorti de l'eau sous la gîte, entraînant l'enfournement de la proue. — America's Cup (YouTube)
- [1343] Le foil bâbord de Cobham-Ultra GB2 a heurté et arraché le mât de caméra du bateau français La Roche-Posay Racing Team lors de l'évitement, sans faire de blessés. — America's Cup (YouTube)
- [1344] Le vent à Naples est passé de conditions très légères le matin à environ 20 nœuds au moment de la deuxième course. — America's Cup (YouTube)
- [1345] Luna Rossa Prada Pirelli se classe en tête au classement des gains moyens au virement de bord le premier jour (114,77 mètres). — America's Cup (YouTube)
- [1346] Luna Rossa Prada Pirelli se classe en tête au classement des gains moyens à l'empannage le premier jour (169,51 mètres). — America's Cup (YouTube)
- [1347] Cole Tapper note que la performance d'American Racing Challenger Team USA bénéficie de conditions favorables mais que l'équipe montre une bonne solidité malgré un volume de communication important lié à sa phase d'apprentissage. — America's Cup (YouTube)
- [1348] Marco Gradoni (GG) occupe un poste de régleur inhabituel pour lui sur le bateau Luna Rossa en AC40 dans les conditions de vent fort. — America's Cup (YouTube)