Tech à bord : pourquoi les AC40 chavirent à l'empannage
30/09/2026 · 4 min · Cette émission est écrite et lue par des intelligences artificielles.
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LoïcUne question simple pour commencer. Pourquoi un bateau de course moderne, piloté par des marins d'élite, se retrouve-t-il couché dans l'eau en plein empannage ?
LoïcOn va parler du contrôleur de vol. C'est l'ordinateur qui ajuste en permanence l'assiette du bateau sur ses foils, ces ailes immergées qui soulèvent la coque hors de l'eau.
LoïcImaginez un funambule qui tient son équilibre en bougeant les bras en continu. Le contrôleur fait pareil, mais des dizaines de fois par seconde, en inclinant très légèrement les plans porteurs.
LoïcTant que le flux d'eau est régulier, ça marche remarquablement bien. Le problème arrive quand l'information devient bruitée.
LoïcEt c'est exactement ce qu'on a vu à Naples, d'après l'analyse vidéo de la chaîne officielle de l'America's Cup. Deuxième journée de la régate préliminaire, quatre courses au programme.
LoïcL'équipe française y a connu un troisième chavirage. Trois depuis le début de la régate.
LoïcDeux explications sont données dans la vidéo. La première vient d'Odile van Aanholt.
LoïcElle décrit un système de contrôle de vol qui rencontre des difficultés autour de cinquante nœuds. À ces vitesses, le clapot et une risée suffisent à aggraver les choses.
CamilleCinquante nœuds, c'est plus de quatre-vingt-dix kilomètres heure. À cette allure, chaque petite vague est une marche d'escalier que le bateau prend de plein fouet.
CamilleLa deuxième explication vient de Cole Tapper. Et elle est plus mécanique.
CamilleDans un empannage, le bateau change de bord. Le foil sous le vent doit descendre, l'autre doit remonter. C'est une chorégraphie très serrée.
CamilleSelon Cole Tapper, l'abaissement du foil est arrivé trop tard. Le contrôleur de vol s'est retrouvé perturbé, et le bateau a été projeté hors de l'eau.
CamilleUn instant de retard. C'est tout ce qu'il faut.
CamilleCe qu'il faut comprendre, c'est que l'équipage ne pilote pas seulement le bateau. Il pilote aussi les conditions dans lesquelles l'automatisme peut faire son travail.
CamilleChangeons d'angle. Parlons de ce qui se joue aux marques, quand les bateaux se croisent.
CamilleEn course trois, à la marque au vent, la France et l'Italie ont évité le contact de justesse. Luna Rossa a dû virer brusquement.
CamilleÀ ces vitesses, l'anticipation se compte en secondes. Un virement d'urgence sur un bateau volant, c'est un pari sur la capacité à rester en l'air.
CamilleAutre incident à la marque au vent. GB1 a été pénalisé pour ne pas avoir laissé assez de place face à l'équipe britannique jeunes et à l'équipe italienne féminine.
CamilleDylan Fletcher a protesté à bord. C'est le genre de scène qui rappelle que la règle de place à la marque reste le point chaud du parcours.
AnneVenons-en maintenant au départ. C'est là que la technique se lit en chiffres.
AnneDeux mesures sont affichées à l'écran dans la vidéo. La première, c'est la distance moyenne à la ligne au moment du signal.
AnneARC Team USA signe la meilleure position de départ de la journée. Trois mètres quarante de la ligne, en moyenne.
AnneTrois mètres quarante sur un bateau qui vole. C'est un travail d'orfèvre sur le timing d'approche.
AnneLa deuxième mesure, c'est le gain VMG après vingt secondes. Le VMG, c'est la vitesse utile vers la marque, pas la vitesse brute sur l'eau.
AnneAutrement dit, un bateau très rapide mais mal orienté peut avoir un mauvais VMG. Ce qui compte, c'est le terrain gagné dans la bonne direction.
AnneLà encore, ARC Team USA est en tête. Deux cent trente-trois mètres gagnés en vingt secondes.
AnneUn mot enfin sur la hiérarchie. Selon la vidéo, Emirates Team New Zealand ne domine pas la flotte et navigue souvent en retrait.
AnneÀ l'inverse, les équipages jeunes, féminins et américains se montrent compétitifs. C'est une observation, pas un verdict.
AnneMon avis, et je le présente comme tel. Ces bateaux ont atteint un point où la performance dépend autant du réglage des automatismes que du geste des marins.
AnneLe chavirage n'est plus une faute de pilotage au sens classique. C'est souvent une désynchronisation entre l'humain et la machine.
AnneEt c'est là que se gagnera la prochaine génération de courses.
Sources
Chaque numéro renvoie au fait, reformulé en français, et à l'article ou à la vidéo d'où il vient.
- [1331] Deuxième jour de la régate préliminaire de la Coupe de l'America à Naples, avec quatre courses disputées — America's Cup (YouTube)
- [1332] Un troisième chavirage a affecté l'équipe française, portant le total à trois depuis le début de la régate — America's Cup (YouTube)
- [1333] Odile van Aanholt explique que le système de contrôle de vol rencontre des difficultés autour de 50 nœuds, aggravées par le clapot et une risée — America's Cup (YouTube)
- [1334] Cole Tapper détaille que l'abaissement tardif du foil lors de l'empannage perturbe le contrôleur de vol et projette le bateau hors de l'eau — America's Cup (YouTube)
- [1335] Lors de la course 3 à la marque au vent, contact évité de justesse entre la France et l'Italie, forçant Luna Rossa à virer brusquement — America's Cup (YouTube)
- [1336] GB1 a été pénalisé pour n'avoir pas laissé assez de place à la marque au vent face aux équipes britannique et italienne jeunes-femmes, suscitant la protestation de Dylan Fletcher à bord — America's Cup (YouTube)
- [1337] ARC Team USA affiche la meilleure position de départ le jour 2 avec une distance moyenne à la ligne de 3,4 m — America's Cup (YouTube)
- [1338] ARC Team USA enregistre le meilleur gain VMG après 20 secondes au départ le jour 2 avec 233 m — America's Cup (YouTube)
- [1339] Emirates Team New Zealand ne domine pas la flotte et navigue souvent en retrait, tandis que les équipages jeunes, féminins et américains se montrent compétitifs — America's Cup (YouTube)