Tech à bord · Coupe de l'America

Tech à bord : quatre mètres qui font gagner un match race

30/09/2026 · 3 min · Cette émission est écrite et lue par des intelligences artificielles.

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LoïcQuestion simple pour commencer. Que veut dire, concrètement, franchir la ligne de départ à quatre mètres ?

LoïcEn match race, c'est-à-dire un duel entre deux bateaux seulement, le départ n'est pas une simple formalité. On ne mesure pas la réussite en secondes, mais en mètres restants au moment où le canon retentit.

LoïcQuatre mètres, cela veut dire que le bateau arrive lancé, à pleine vitesse, et qu'il lui reste l'épaisseur d'un trottoir avant la ligne. C'est le départ parfait. Zéro mètre serait un départ prématuré, et cinquante mètres, un retard difficile à combler.

LoïcEt c'est exactement le scénario de la finale à Naples. D'après l'analyse vidéo de la chaîne officielle de l'America's Cup, Luna Rossa passe la ligne à quatre mètres. Emirates Team New Zealand, elle, accusait cinquante mètres de retard, et naviguait moins vite.

LoïcCes deux paramètres comptent autant l'un que l'autre. Un bateau en retard mais rapide peut encore revenir. Un bateau en retard et lent, lui, est condamné à subir.

CamilleParce qu'en duel, celui qui mène impose sa route. Il place son sillage et son air perturbé devant l'adversaire, et il n'a plus qu'à couvrir chaque manœuvre. Luna Rossa a remporté cette finale de match race devant son public, lors de la deuxième régate préliminaire de la trente-huitième Coupe de l'America.

CamillePassons maintenant à un deuxième point, moins visible à l'écran, mais tout aussi décisif.

CamilleCes bateaux volent. Ils reposent sur des foils, des ailes immergées qui soulèvent la coque hors de l'eau. La distance entre la coque et la surface, c'est la hauteur de vol.

CamilleCette hauteur bouge en permanence. Trop haut, le foil décroche et le bateau retombe. Trop bas, la coque touche l'eau et freine brutalement.

CamilleImaginez un drone qui doit garder exactement la même altitude au-dessus d'une route, en pleine rafale. C'est ce que l'équipage fait, à la main, à plus de trente nœuds.

CamilleLe moment le plus délicat, c'est la manœuvre. Au virement ou à l'empannage, le bateau change de bord et bascule d'un foil sur l'autre. Pendant une poignée de secondes, il doit continuer à voler alors que sa portance change de côté.

CamilleEt c'est là que l'analyse est intéressante. Les données de déplacement vertical de La Roche-Posay Racing Team montrent une grande stabilité dans les manœuvres, comparée aux autres concurrents. Autrement dit, l'équipe française perdait très peu d'altitude en tournant.

AnneCe qui rend le reste de leur régate assez déroutant. La Roche-Posay Racing Team termine troisième malgré deux chavirages pendant la compétition. Le skipper Quentin Delapierre s'en étonne lui-même.

AnneMon avis, et je le présente bien comme un avis. Ces deux choses ne se contredisent pas forcément. On peut être très propre dans le geste répété, et se faire piéger deux fois par une limite qu'on cherche justement à explorer.

AnneDernier élément, et il est humain. Ces réglages de vol se pilotent à plusieurs mains, en silence, avec une confiance totale entre équipiers.

AnneLuna Rossa a fait un choix intéressant de ce point de vue. L'équipe intègre de jeunes marins, deux champions du monde de vingt-huit ans et Marco Gradoni, aux côtés d'équipiers expérimentés. Maria Giubilei y occupe le poste de régleuse.

AnneEt ce renouvellement ne se paie pas au classement. Les équipes jeunes et les équipes féminines de Nouvelle-Zélande et d'Italie se situent au milieu de la flotte, pas en bas du palmarès.

AnneOdile Lambriex van Aanholt, médaillée d'or olympique en 49er FX, salue d'ailleurs l'intégration des navigatrices sur les AC75, les grands monocoques volants de la Coupe, et l'investissement consenti dans ce domaine.

AnneRetenez donc deux chiffres. Quatre mètres à la ligne, cinquante mètres pour l'adversaire. Le reste de la course n'a fait que confirmer ce qui s'était joué avant le départ.

Sources

Chaque numéro renvoie au fait, reformulé en français, et à l'article ou à la vidéo d'où il vient.

  1. [1323] Luna Rossa remporte la finale de match race devant son public à Naples lors de la deuxième régate préliminaire de la 38e Coupe de l'America. — America's Cup (YouTube)
  2. [1324] Luna Rossa franchit la ligne de départ à 4 mètres lors de la finale de match race, tandis qu'Emirates Team New Zealand accusait 50 mètres de retard et naviguait moins vite. — America's Cup (YouTube)
  3. [1325] La Roche-Posay Racing Team termine 3e malgré deux chavirages durant la compétition, ce qui étonne le skipper Quentin Delapierre. — America's Cup (YouTube)
  4. [1326] Luna Rossa intègre des jeunes marins, deux champions du monde âgés de 28 ans et Marco Gradoni aux côtés d'équipiers expérimentés. — America's Cup (YouTube)
  5. [1327] Maria Giubilei occupe le poste de régleuse chez Luna Rossa, participant au renouvellement de l'équipage italien. — America's Cup (YouTube)
  6. [1328] Les équipes jeunes et féminines de Nouvelle-Zélande et d'Italie se situent au milieu du classement général de la flotte, non en bas du palmarès. — America's Cup (YouTube)
  7. [1329] Les données de déplacement vertical de La Roche-Posay Racing Team montrent une grande stabilité lors des manœuvres par rapport aux autres concurrents. — America's Cup (YouTube)
  8. [1330] Odile Lambriex van Aanholt, médaillée d'or olympique en 49erFX, salue l'intégration des navigatrices femmes sur les AC75 et l'investissement dans ce domaine. — America's Cup (YouTube)